samedi 13 décembre 2008

Teruel,la mudejare



070621 TERUEL LA MUDEJARE

Téruel c'est vraiment au fond de l'Aragon, plus proche de Madrid que de Ainsa, c'est pourquoi nous avons tant tardé à visiter ce petit joyau aux riches empreintes de l'art arabe : sur un plateau à 900m, au-dessus du Turia qui n'est encore qu'une rivière sur fond de buttes déchiquetées rougeoyantes.
Tout est de brique, de couleur brique avec des décors de briques mais c'est de la dentelle de brique. Ici, Chrétiens, Juifs et Musulmans s'entendaient assez pour conserver ce style qui a survécu à toutes les dominations. Ce qui explique tous ces clochers mudéjares ( la dernière mosquée a été fermée en 1502).
On a succombé devant le jambon de Téruel dégusté à la bodega Rokelin, près de la place du Toro bordée de maisons rococo-mudéjares assez curieuses et rigolotes aux auvents
démesurés et ouvragés comme les
plafonds « artesonado » (XIIIè).
Le Musée dans une maison de style
renaissance aragonais comporte 4
étages de visite avec une section
ethnographique qui m'a passionnée
tandis que Ch. s'éternisait devant
la préhistoire et l'archéologie.
( gratuit pour les seniors et très
aimablement présenté par des gens du terroir fiers de leur héritage.)

Comme toute ville fortifiée, on remarque des tours, il en reste cinq de trois étages : une arcade- passage à la rue, un étage avec des baies romanes étroites décorées de marqueterie de briques et de céramiques mauresques, un étage percé de baies double en bas et quadruples en haut. Torre St.Martin ( XIII)

admirez les boquetones, cylindres vert vif qui soulignent l'arcature de chaque baie, le relief qui joue avec la géométrie de la façade. J'ai adoré , je me croyais à Samarcande où je n'ai jamais mis les pieds, je le précise.



Quand on quitte Teruel notre autopista mudejar continue dans ce paysage de terres rouges, de champs de blé sans coquelicots maintenant (puisque moissonnés ) et de lauriers rose et blancs de toute beauté pour séparer les quatre voies. Commence alors le domaine des palmiers et des orangers. Pour les voir de plus près, on est sorti de l'autoroute et on s'est perdu puisque ce détour n'était pas prévu par le précieux via Michelin.
J'ai voulu voir Sagonte mais je n'ai vu que de loin les ruines de l'amphithéâtre romain sur une colline. Pour y accéder on a traversé des ruelles de plus en plus étroites se terminant sur des travaux comme si souvent en Espagne et après un remarquable demi tour effectué sans murmure par Ch. on a retouvé avec bonheur la route pour El Puig et notre point de chute du soir.
En l'occurrence un hôtel où toutes les tables sous les palmiers de la terrasse étaient occupées par des gens venus comme nous sans doute pour l'America's cup à Valencia. C'était la Casbah, on était de retour en Oranie, même ciel, même lumière et même insouciance bon enfant parmi ceux qui déambulaient entre lauriers roses et palmiers en dégustant les glaces « granité-citron »
- comme là-bas, mon frère.

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