051110 Le saint-bernard de Badin
Cette dernière balade du séjour était classée dans la rubrique : balade familiale ,une galoche sur l'échelle du montagnard. Grand beau temps .
On traverse le village de Badin sans voir âme qui vive et on s'engage sur un étroit sentier rocailleux bordé de buis. Les bas-côtés sont labourés par les sangliers et je suis sur le qui vive quand nous sommes doublés par une boule couleur feu, un joli chien de berger qui nous fait la fête, surtout à Ch. qui ne lui rend pas ses amabilités.
Bien décidé à nous accompagner, notre guide passe en tête, marquant la pause quand je photographie et regardant avec indulgence Ch. le nez dans ses cartes:
-fais moi confiance, je connais la route semble t'il dire.
De temps à autre il renifle les bauges à sanglier qu'il ne doit pas plus apprécier que moi car il se colle entre nous deux en gémissant. Piètre garde du corps!
Passé un petit pont de bois bien vermoulu, Ch. me fait prendre le chemin montant tandis que le chien prend celui qui va vers le rio et disparaît.
Ce sentier montant devient de plus en plus sombre, je sens l'odeur des sangliers, des arbres morts ou foudroyés encombrent le passage. Mais que font les chasseurs ou les randonneurs? Personne ne passe puisqu'on trouve des cèpes.
Au sortir d'un enchevêtrement de broussailles et de branches cassées plus sinistre encore, je pousse un soupir de soulagement en abordant le pierrier annoncé par le site que j'avais découvert sur internet. L'horreur! Les cailloux roulent sous nos pas,le sentier a disparu et pas un cairn à l'horizon. Un second pierrier fait suite pire que le premier puis un troisième d'où je me fais relire le compte rendu de la balade pour retrouver un signe d'espérance. Je prends au hasard quelques photos,les dernières sans doute des cascades de la fuente Hornos, le but de la balade.
Ch.monte, descend, tente des passages,explore, s'engage dans une descente escarpée quand déboule notre petite boule de poils fauves qui nous découvre un passage invisible pour les deux pattes et nous amène en bas. Retrouvailles joyeuses sous les cascades !
D'après le texte on doit alors traverser la rivière et trouver un cairn sur l'autre rive pour le retour. Mais rien de tout ça. Notre chien, sûr de lui nous entraîne sous les feuillus dans un entrelacement de branches et de broussailles par des passages vraiment déroutants et on le suit avec une confiance un peu légère.
Au moment où je me demande s'il ne va pas débusquer un lièvre, il nous montre, triomphant, un sentier impeccable. On le félicite, on admire, Ch. ira jusqu'à lui accorder une petite caresse.
Le triomphe modeste, il tentera de nous conduire au nord mais ça commence à bien faire,on choisira le sud, on voit bien que cela le contrarie mais il n'insiste pas et ne nous quitte plus. Je lui donne tout ce qu'il y a de gâteaux dans le sac, en le suppliant de nous ramener à la casa. Compris.
Je reprends mes photos et mon optimisme mais à chaque embranchement je demande à mon guide:
Et le chien ? toujours d'accord ?
Pourquoi voulait-il aller au nord ?
C'était là, à quarante minutes de plus qu'il y avait les plus belles cascades. Il aurait tant voulu nous les montrer!
Moralité: relire à deux fois les randonnées des autres surtout celles trouvées sur internet.
Quant au chien, son devoir accompli, il a repris sa place devant sa casa sans demander de pourboire comme s'il faisait cela tous les jours.
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