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081130 Vent, pluie, grésil, neige et vents à Larrun
On avait aimé la pluie de la semaine dernière, on a adoré le déchaînement des éléments aujourd'hui.
Partis de Traïbéna à dix heures on croise tous les randonneurs du matin déjà de retour nous prévenant obligeamment
« C'est pas très bon là-haut, le vent, la neige...
On est les derniers à monter et très vite tout s'explique.
Le vent a changé de catégorie, de violent passe à hystérique. S'y ajoute une pluie fine de plus en plus glacée. On essaie de mettre nos ponchos verts mais les rafales s'engouffrent par toutes les issues dans un mugissement insupportable, nous faisant tourbillonner comme des montgolfières désemparées. J'ai la désagréable impression de transporter toutes les bourrasques de larrun dans le dos. On s'en débarrasse très vite, on se mouille mais avec une impression de fluidité .
Les derniers croisés s'inquiètent de nous voir aux Trois fontaines et essaient de nous dissuader de monter davantage.
"C'est démentiel ! vous ne tiendrez pas debout, là-haut. Enfin, la venta est ouverte."
La neige fait place au grésil, la visibilité devient aléatoire et ce vent qui s'acharne sur nous.
On renonce à Larrun et on coupe vers la petite Rhune, simplement.
Simplement ? Voire. même sous les arbres, le blizzard ne nous laisse pas en repos,le sentier, tapis de feuilles mortes et neige ou ornières marécageuses, est un piège redoutable. On évite le col et on coupe sur le devers de plus en plus hasardeux. je râle, je renâcle, j'enrage, je me jure de donner ma démission de "Charles-rando" au plus tôt. Mon guide dans ces cas-là prend ses distances tout en choisissant parmi les sentes enneigées les plus douces, les moins pentues.
" Ramène-moi d'urgence à la voiture, ne passe pas par la venta Yasola"
Brutal, soudain, explosif, un coup de tonnerre résonne au pire moment.
" Vite, vite, la venta " ( je n'en suis pas à une contradiction près )
La piste devient une vraie patinoire de neige et de boue mais je m'y précipite.
Pas de fumée, pas d'odeur de frites, tout semble clos.
Mais en approchant, on distingue des visages souriants derrière les vitres embuées. L'enchantement ! la porte s'ouvre, il fait presque chaud. On nous propose aussitôt à boire ou à manger et surtout un succulent bouillon de légumes, brûlant, savoureux, le meilleur de ma vie.
Un seul client termine son repas, pousse le poêle vers nous et nous offre ses gâteaux au chocolat avant de repartir. Il a dix ans de moins que nous et nous félicite de notre montée.
Le retour ponctué de lugubres coups de tonnerre sera mené à un train d'enfer.
Ce sont deux éponges ruisselantes qui arrivent au but, non trois, avec l'ami pêcheur de Guéthary, randonneur ce dimanche.
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