mercredi 31 décembre 2008

Concert de Noël à Baïgorri

Isabelle ( soprano), David ( trompette) et Philippe à l'orgue et beaucoup de monde à l'église pour ce concert de Noël. Bach, Haendel, Vivaldi, Viviani sans oublier la sonate 25 en modo dorico du padre Antonio Soler que nous avons découvert ce soir.
Il n'y a pas que les concertistes, tous excellents ( quelle voix, celle d'isabelle !) il y a aussi la ferveur du public et sa chaleur, l'ambiance et cet orgue toujours.
Balade auparavant en direction de la chapelle d'Olharandoy, mais le vent a réduit notre ardeur.
Un vol de grues au dessus essayait de franchir le col.

jeudi 18 décembre 2008

Mes pas dans ses traces


081215 Mes pas dans ses traces

Il a tant plu dimanche qu'on a regardé les gouttes se transformer en rivières derrière nos vitres. Privés de montagne !
Et si c'était de la neige à Larrun ?
Le lendemain, profitant d'une éclaircie annoncée entre deux perturbations, on se risque avec nos quatre pneus neige tout neufs, pelle, chaînes et crampons .
Dès St Jean de Luz le sommet se détache sur un ciel bleu qu'on croyait a jamais disparu. Tout est blanc au moins à partir des Trois Fontaines.
A la bergerie, ouverte, on chausse crampons et guêtres, traversons le gué de la biotope, croisons le premier tôt levé ( parti après avoir déposé les enfants à l'école )
- La venta est ouverte, précise s'il, laconique, et il y a pas mal de neige en haut.
L' Urshuia se prend pour le Fudji Yama, quand on traverse la voie ferrée et abordons la vraie montée par le sentier d'Émile dissimulé ( le sentier, pas Emile ) sous la neige.
Une neige de plus en plus épaisse. Heureusement, on connaît par coeur le passage entre la voie et les poteaux mais on enfonce dans des congères ou des trous de neige avec pour seules balises les gros rochers transformés en choux à la crème qui jalonnent notre parcours. Et trois pottoks cherchant l'herbe sous cet édredon blanc.
-Et si on retournait par le petit bois suggère mon mentor qui fait la trace
-Et si on montait droit face à la crête, on serait mieux que sur ce devers ( et je n'aime pas trop les descentes quand on doit monter )
Tout droit, c'est un escalier, on enfonce tout autant mais ça devrait durer moins longtemps, avec les crampons, on taille de belles marches.
Toutes les trente marches, on reprend souffle et on recommence. Avec en tête l'idée qu'avec si peu de monde sur les pentes, la venta ne restera pas ouverte très longtemps.
Ouf, notre amie tient la porte des deux clients qui repartent sur l'Espagne
- J'allais fermer mais venez vous réchauffer, je vous sers ce que vous voulez
Moscatel, bouillon chaud, omelette aux pommes de terre .

-Sais-tu qu'on a mis quatre heures pour arriver ici ? Un record !
-Nous aussi, on a dû laisser la voiture bien en dessous du col et monter à pied

Elle n'a pas pris le temps de passer sa serpillière sur les carreaux que nous avions mouillés , elle a baissé le store de fer et a filé vers l'Espagne d'un pas décidé.

-Assez piétiné dans la neige, on reprend le train au retour, je suppose ?
Effectivement, la voie n'est pas dégagée mais presque praticable et dans ce brouillard qui monte on ne se perdra pas.
Descente aisée mais le plus drôle c'est que le petit train était arrivé jusqu'au col des Trois fontaines . Trois gars hilares nous regardaient patauger dans la poudreuse depuis un moment.
-Alors c'était comment là-haut ?
-Superbe . Et vous ? Le train a refusé de monter plus haut ?
-Trop de neige ! Et puis, on avait de quoi s'occuper ici .
On est reparti chacun de son côté, eux, calfeutrés dans le wagon, nous, patouillant dans la neige .
Passant la rivière, Charles décide d'ôter les crampons pour les nettoyer un peu avant de les ranger. Assise sur un rocher je décroche le premier et tombe dans l'eau sur le côté, histoire d'en goûter la température et de tester mon équipement.
-Mais quelle idée ! Pourquoi nous faire déchausser ici ?
-Ça ne pouvait pas attendre la bergerie ?
Je ne sais même pas si l'eau était froide .

Photos

samedi 13 décembre 2008

Teruel,la mudejare



070621 TERUEL LA MUDEJARE

Téruel c'est vraiment au fond de l'Aragon, plus proche de Madrid que de Ainsa, c'est pourquoi nous avons tant tardé à visiter ce petit joyau aux riches empreintes de l'art arabe : sur un plateau à 900m, au-dessus du Turia qui n'est encore qu'une rivière sur fond de buttes déchiquetées rougeoyantes.
Tout est de brique, de couleur brique avec des décors de briques mais c'est de la dentelle de brique. Ici, Chrétiens, Juifs et Musulmans s'entendaient assez pour conserver ce style qui a survécu à toutes les dominations. Ce qui explique tous ces clochers mudéjares ( la dernière mosquée a été fermée en 1502).
On a succombé devant le jambon de Téruel dégusté à la bodega Rokelin, près de la place du Toro bordée de maisons rococo-mudéjares assez curieuses et rigolotes aux auvents
démesurés et ouvragés comme les
plafonds « artesonado » (XIIIè).
Le Musée dans une maison de style
renaissance aragonais comporte 4
étages de visite avec une section
ethnographique qui m'a passionnée
tandis que Ch. s'éternisait devant
la préhistoire et l'archéologie.
( gratuit pour les seniors et très
aimablement présenté par des gens du terroir fiers de leur héritage.)

Comme toute ville fortifiée, on remarque des tours, il en reste cinq de trois étages : une arcade- passage à la rue, un étage avec des baies romanes étroites décorées de marqueterie de briques et de céramiques mauresques, un étage percé de baies double en bas et quadruples en haut. Torre St.Martin ( XIII)

admirez les boquetones, cylindres vert vif qui soulignent l'arcature de chaque baie, le relief qui joue avec la géométrie de la façade. J'ai adoré , je me croyais à Samarcande où je n'ai jamais mis les pieds, je le précise.



Quand on quitte Teruel notre autopista mudejar continue dans ce paysage de terres rouges, de champs de blé sans coquelicots maintenant (puisque moissonnés ) et de lauriers rose et blancs de toute beauté pour séparer les quatre voies. Commence alors le domaine des palmiers et des orangers. Pour les voir de plus près, on est sorti de l'autoroute et on s'est perdu puisque ce détour n'était pas prévu par le précieux via Michelin.
J'ai voulu voir Sagonte mais je n'ai vu que de loin les ruines de l'amphithéâtre romain sur une colline. Pour y accéder on a traversé des ruelles de plus en plus étroites se terminant sur des travaux comme si souvent en Espagne et après un remarquable demi tour effectué sans murmure par Ch. on a retouvé avec bonheur la route pour El Puig et notre point de chute du soir.
En l'occurrence un hôtel où toutes les tables sous les palmiers de la terrasse étaient occupées par des gens venus comme nous sans doute pour l'America's cup à Valencia. C'était la Casbah, on était de retour en Oranie, même ciel, même lumière et même insouciance bon enfant parmi ceux qui déambulaient entre lauriers roses et palmiers en dégustant les glaces « granité-citron »
- comme là-bas, mon frère.

mercredi 10 décembre 2008

Le Saint-Bernard de Badin


051110 Le saint-bernard de Badin

Cette dernière balade du séjour était classée dans la rubrique : balade familiale ,une galoche sur l'échelle du montagnard. Grand beau temps .
On traverse le village de Badin sans voir âme qui vive et on s'engage sur un étroit sentier rocailleux bordé de buis. Les bas-côtés sont labourés par les sangliers et je suis sur le qui vive quand nous sommes doublés par une boule couleur feu, un joli chien de berger qui nous fait la fête, surtout à Ch. qui ne lui rend pas ses amabilités.
Bien décidé à nous accompagner, notre guide passe en tête, marquant la pause quand je photographie et regardant avec indulgence Ch. le nez dans ses cartes:
-fais moi confiance, je connais la route semble t'il dire.
De temps à autre il renifle les bauges à sanglier qu'il ne doit pas plus apprécier que moi car il se colle entre nous deux en gémissant. Piètre garde du corps!
Passé un petit pont de bois bien vermoulu, Ch. me fait prendre le chemin montant tandis que le chien prend celui qui va vers le rio et disparaît.
Ce sentier montant devient de plus en plus sombre, je sens l'odeur des sangliers, des arbres morts ou foudroyés encombrent le passage. Mais que font les chasseurs ou les randonneurs? Personne ne passe puisqu'on trouve des cèpes.
Au sortir d'un enchevêtrement de broussailles et de branches cassées plus sinistre encore, je pousse un soupir de soulagement en abordant le pierrier annoncé par le site que j'avais découvert sur internet. L'horreur! Les cailloux roulent sous nos pas,le sentier a disparu et pas un cairn à l'horizon. Un second pierrier fait suite pire que le premier puis un troisième d'où je me fais relire le compte rendu de la balade pour retrouver un signe d'espérance. Je prends au hasard quelques photos,les dernières sans doute des cascades de la fuente Hornos, le but de la balade.

Ch.monte, descend, tente des passages,explore, s'engage dans une descente escarpée quand déboule notre petite boule de poils fauves qui nous découvre un passage invisible pour les deux pattes et nous amène en bas. Retrouvailles joyeuses sous les cascades !
D'après le texte on doit alors traverser la rivière et trouver un cairn sur l'autre rive pour le retour. Mais rien de tout ça. Notre chien, sûr de lui nous entraîne sous les feuillus dans un entrelacement de branches et de broussailles par des passages vraiment déroutants et on le suit avec une confiance un peu légère.
Au moment où je me demande s'il ne va pas débusquer un lièvre, il nous montre, triomphant, un sentier impeccable. On le félicite, on admire, Ch. ira jusqu'à lui accorder une petite caresse.
Le triomphe modeste, il tentera de nous conduire au nord mais ça commence à bien faire,on choisira le sud, on voit bien que cela le contrarie mais il n'insiste pas et ne nous quitte plus. Je lui donne tout ce qu'il y a de gâteaux dans le sac, en le suppliant de nous ramener à la casa. Compris.
Je reprends mes photos et mon optimisme mais à chaque embranchement je demande à mon guide:
Et le chien ? toujours d'accord ?

Pourquoi voulait-il aller au nord ?
C'était là, à quarante minutes de plus qu'il y avait les plus belles cascades. Il aurait tant voulu nous les montrer!
Moralité: relire à deux fois les randonnées des autres surtout celles trouvées sur internet.

Quant au chien, son devoir accompli, il a repris sa place devant sa casa sans demander de pourboire comme s'il faisait cela tous les jours.

mardi 9 décembre 2008

Une histoire de chocolat



0609 23 UNE HISTOIRE DE CHOCOLAT
( Benabarre )
Cela faisait un moment que nous errions le nez en l'air à travers les rues et ruelles de Benabarre, petite cité réputée pour son musée du chocolat. Mais de chocolat, pas de traces, pas même l'odeur qui aurait pu nous guider, plutôt des effluves de lisier de porc que nous apportait une brise venant de la plaine bien cultivée, bien entretenue, et aux modernes porcheries.
Les rues de Benabarre conduisent toutes au château médiéval en pleine rénovation ( aragon vertigo!) et comme souvent, le matin, personne pour nous renseigner. Sauf une aimable ménagère qui prend le temps de nous conduire à une fausse bonne adresse mais par une jolie place, sous des arcades aux plafonds travaillés et devant une vitrine de chocolats et chocolatières, enfin! Mais, fermée. Déception vite oubliée car au détour d'une ruelle on avise une vieille qui décortique ses amandes, elle ne peut pas nous en vendre:
-Il faut les laisser sécher une année, sinon elles sont amères -ajoute t'elle en nous en remplissant un sac puis en cassant au marteau une amande elle nous fait une démonstration- sortez la peau et goûtez, c'est bon . On lui donne en échange deux pommes de notre jardin tout en continuant la conversation sur ses enfants qui vivent à Villeneuve sur lot! Une amie de plus !
En repartant de cette petite ville, nous découvrons loin des porcheries odorantes la fameuse maison du chocolat, paradis ou enfer des gourmands!
Le chocolat est si onctueux que la cuiller tient
debout dans la tasse. On est entouré de toutes
variétés de chocolat, orangettes, mignonnettes,
palets et pavés, je ne peux que vous conseiller
d'y aller au plus tôt.

Mais une fois cet épais chocolat dégusté, il faut éliminer comme dit la chanson.
Ici, ce n'est pas difficile car sur chaque piton, on découvre un village et au faîte de chaque village, un ermitage ou une
chapelle dédiée à un des multiples saints
qui veillent sur l'Aragon. Allons-y !

mercredi 3 décembre 2008

Vent, pluie, neige à Larrun


081130 Vent, pluie, grésil, neige et vents à Larrun

On avait aimé la pluie de la semaine dernière, on a adoré le déchaînement des éléments aujourd'hui.
Partis de Traïbéna à dix heures on croise tous les randonneurs du matin déjà de retour nous prévenant obligeamment
« C'est pas très bon là-haut, le vent, la neige...
On est les derniers à monter et très vite tout s'explique.
Le vent a changé de catégorie, de violent passe à hystérique. S'y ajoute une pluie fine de plus en plus glacée. On essaie de mettre nos ponchos verts mais les rafales s'engouffrent par toutes les issues dans un mugissement insupportable, nous faisant tourbillonner comme des montgolfières désemparées. J'ai la désagréable impression de transporter toutes les bourrasques de larrun dans le dos. On s'en débarrasse très vite, on se mouille mais avec une impression de fluidité .
Les derniers croisés s'inquiètent de nous voir aux Trois fontaines et essaient de nous dissuader de monter davantage.

"C'est démentiel ! vous ne tiendrez pas debout, là-haut. Enfin, la venta est ouverte."
La neige fait place au grésil, la visibilité devient aléatoire et ce vent qui s'acharne sur nous.
On renonce à Larrun et on coupe vers la petite Rhune, simplement.
Simplement ? Voire. même sous les arbres, le blizzard ne nous laisse pas en repos,le sentier, tapis de feuilles mortes et neige ou ornières marécageuses, est un piège redoutable. On évite le col et on coupe sur le devers de plus en plus hasardeux. je râle, je renâcle, j'enrage, je me jure de donner ma démission de "Charles-rando" au plus tôt. Mon guide dans ces cas-là prend ses distances tout en choisissant parmi les sentes enneigées les plus douces, les moins pentues.
" Ramène-moi d'urgence à la voiture, ne passe pas par la venta Yasola"
Brutal, soudain, explosif, un coup de tonnerre résonne au pire moment.
" Vite, vite, la venta " ( je n'en suis pas à une contradiction près )
La piste devient une vraie patinoire de neige et de boue mais je m'y précipite.
Pas de fumée, pas d'odeur de frites, tout semble clos.
Mais en approchant, on distingue des visages souriants derrière les vitres embuées. L'enchantement ! la porte s'ouvre, il fait presque chaud. On nous propose aussitôt à boire ou à manger et surtout un succulent bouillon de légumes, brûlant, savoureux, le meilleur de ma vie.
Un seul client termine son repas, pousse le poêle vers nous et nous offre ses gâteaux au chocolat avant de repartir. Il a dix ans de moins que nous et nous félicite de notre montée.
Le retour ponctué de lugubres coups de tonnerre sera mené à un train d'enfer.
Ce sont deux éponges ruisselantes qui arrivent au but, non trois, avec l'ami pêcheur de Guéthary, randonneur ce dimanche.

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